segunda-feira, 3 de outubro de 2016

"Il faut laisser aux personnes le choix d’être qui elles veulent"


Avant, en Algérie, je ne portais le voile qu’en priant à la maison. Depuis que je suis arrivée en France, à l’âge de 27 ans, je ne le mets plus. Je suis une Française intégrée à la société. Je fais le ramadan mais je ne fais pas la prière. Comme j’ai envie que mes enfants soient libres, je ne leur ai rien imposé. J’ai transmis uniquement ma culture. Ils sont nés tous les trois en France et ils ont décidé de faire le ramadan. C’est leur propre choix.

Je suis plutôt active sur les réseaux sociaux. Après les attentats de Paris, j’ai dit par des posts ce que je pensais. Il faut montrer que les musulmans ne sont pas comme des terroristes, que la religion c’est l’amour, que ces terroristes n’appliquent pas le Coran. Si je pense que les musulmans doivent rester discrets ? Oui et non. Oui parce que l’on vit en France et qu’il faut s’intégrer à une société. Et non parce qu’on a quand même la liberté. Il faut laisser aux personnes le choix d’être qui elles veulent… Je suis en contradiction dans ma tête.

Sur le burkini aussi, je suis partagée et en plein questionnement. C’est dans ma ville qu’il a été appliqué en premier. Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai soutenu le maire sur Facebook. D’un côté, je trouve cet arrêté légitime : on ne va pas à la plage avec son voile. Il faut mettre un maillot pour aller se baigner. D’un autre côté, je respecte la femme voilée et ses libertés individuelles. Une femme pratiquante ne doit pas montrer ses formes, son corps. Ni voir celui des hommes. Mais elle a le droit, elle aussi, d’emmener ses enfants à la mer et de profiter de la plage. C’est en discutant avec ma fille de 16 ans que j’ai changé d’avis.

Avant même la polémique sur le burkini, je connaissais quelques femmes voilées qui ont décidé d’enlever le voile. Depuis le 14 juillet, elles avaient peur de se faire agresser. Ce n’est pas normal d’avoir peur. Pour ma part, je ne crains pas d’être dans la rue parce que je ne suis pas typée. Et puis je fume, je suis tatouée. Il faut que chacun fasse un effort pour s’intégrer et intégrer les autres. Je me dis que l’avenir c’est vivre ensemble et en paix. En ce moment, ce n’est pas ce qui se passe.»

Hacina, 50 ans, hôtesse de caisse dans un magasin de bricolage, Cannes (Alpes-Maritimes)

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