Ideia: representação mental; representação abstrata e geral de um objeto ou relação; conceito; juízo; noção; imagem; opinião; maneira de ver; visão; visão aproximada; plano; projeto; intenção; invenção; expediente; lembrança. Dicionário de Língua Portuguesa da Texto Editora
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domingo, 10 de abril de 2016
Livro recomendado - "O Fim do Homem Soviético"
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quinta-feira, 7 de abril de 2016
"What are the Panama Papers?"
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segunda-feira, 4 de abril de 2016
"Law Firm’s Files Include Dozens of Companies and People Blacklisted by U.S. Authorities"
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terça-feira, 20 de janeiro de 2015
Escravos do século XXI - Um dossier de Isabelle Hachey - 7
M'Barka Mint Assatim avait « l'âge où les filles commencent à porter le voile », environ 14 ans, quand elle a eu son premier enfant. C'est sa maîtresse qui a choisi le prénom du bébé : Oueichita.
Un jour, la jeune esclave a vu Biram Dah Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), à la télévision. Sa maîtresse lui a raconté qu'il était mauvais, qu'il semait la zizanie entre les gens. « J'avais très peur de lui. »
Quand M'Barka a accouché d'une seconde fille, c'est à nouveau sa maîtresse qui a choisi son prénom : Doueida.
En Mauritanie, la plupart des esclaves n'ont pas de père. On leur donne des noms génériques, propres aux esclaves. « Ce sont souvent des souhaits de paix ou de prospérité pour les maîtres », explique Hamady Lehbouss, porte-parole de l'IRA.
M'Barka s'est rebellée. Elle s'est enfuie. Mais quand elle a voulu récupérer ses enfants, sa maîtresse a refusé. « Elle m'a dit : "Tu n'as pas de filles. Ce sont mes esclaves." »
Désespérée, M'Barka a contacté Biram, celui qui lui faisait si peur. Ce dernier a ameuté la police, le préfet, les journalistes. L'affaire a fait tant de bruit que M'Barka a pu récupérer ses filles.
Aujourd'hui, M'Barka a 25 ans. Et déjà cinq enfants. C'est elle qui a choisi le prénom du petit dernier. Elle l'a appelé Biram.
Isabelle Hachey
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domingo, 4 de janeiro de 2015
Escravos do século XXI - Um dossier de Isabelle Hachey - 6
Des chaînes dans la tête
Habi Mint Rabah a été sauvée malgré elle. Quand des militants antiesclavagistes sont venus la cueillir au campement de ses maîtres, en 2007, elle s'est débattue avec l'énergie du désespoir. Elle ne leur avait rien demandé. Elle refusait de bouger.
« J'étais presque bébé quand on m'a remise à cette famille. Mes premiers souvenirs sont avec eux. » Bien sûr, elle n'avait pas eu les mêmes privilèges que les autres enfants. Elle devait plutôt les servir du matin au soir. Mais pour elle, ce n'était pas injuste. Elle croyait simplement que c'était sa place dans le monde.
« L'esclavage, en Mauritanie, n'est pas comme on l'imagine en Occident, avec des victimes enchaînées, battues, forcées à travailler. Ici, les chaînes sont dans la tête », dit Aminetou Mint El Mokhtar, une militante des droits de la personne qui a convaincu Habi Mint Rabah de renoncer à sa vie d'esclave.
Cela n'a pas été simple. Elle a dû procéder à une lente déprogrammation. En Mauritanie, l'esclavage héréditaire fait en sorte que pendant des générations, on a fait accepter aux victimes leur statut de possession. Ils sont totalement dépendants des maîtres qui les habillent et les nourrissent. Sans éducation, ils ne comprennent pas leurs droits.
La situation complique la tâche des antiesclavagistes. Pas facile de libérer des gens qui refusent de l'être, admet le porte-parole de l'Initiative pour une résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Hamady Lehbouss. « Les esclaves sont en état de reconnaissance envers leurs maîtres. Ici, les parents d'une victime qui tente de s'affranchir risquent de témoigner contre elle ! »
C'est le genre d'esclavage dont les sudistes, à l'époque, auraient rêvé dans leurs champs de coton. En Mauritanie, les chaînes invisibles sont ancrées si solidement dans des siècles de soumission que même l'intrépide Django de Tarantino n'aurait pas réussi à les briser.
Isabelle Hachey
« J'étais presque bébé quand on m'a remise à cette famille. Mes premiers souvenirs sont avec eux. » Bien sûr, elle n'avait pas eu les mêmes privilèges que les autres enfants. Elle devait plutôt les servir du matin au soir. Mais pour elle, ce n'était pas injuste. Elle croyait simplement que c'était sa place dans le monde.
« L'esclavage, en Mauritanie, n'est pas comme on l'imagine en Occident, avec des victimes enchaînées, battues, forcées à travailler. Ici, les chaînes sont dans la tête », dit Aminetou Mint El Mokhtar, une militante des droits de la personne qui a convaincu Habi Mint Rabah de renoncer à sa vie d'esclave.
Cela n'a pas été simple. Elle a dû procéder à une lente déprogrammation. En Mauritanie, l'esclavage héréditaire fait en sorte que pendant des générations, on a fait accepter aux victimes leur statut de possession. Ils sont totalement dépendants des maîtres qui les habillent et les nourrissent. Sans éducation, ils ne comprennent pas leurs droits.
La situation complique la tâche des antiesclavagistes. Pas facile de libérer des gens qui refusent de l'être, admet le porte-parole de l'Initiative pour une résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Hamady Lehbouss. « Les esclaves sont en état de reconnaissance envers leurs maîtres. Ici, les parents d'une victime qui tente de s'affranchir risquent de témoigner contre elle ! »
C'est le genre d'esclavage dont les sudistes, à l'époque, auraient rêvé dans leurs champs de coton. En Mauritanie, les chaînes invisibles sont ancrées si solidement dans des siècles de soumission que même l'intrépide Django de Tarantino n'aurait pas réussi à les briser.
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domingo, 21 de dezembro de 2014
Escravos do século XXI - Um dossier de Isabelle Hachey - 5
La victoire douce-amère de Saïd et de Yarg
Les deux garçons ont grandi chez le maître, en connaissant leur place : celle des serviteurs, des esclaves. Pendant que les fils du maître allaient à l'école, eux s'échinaient aux corvées ménagères et à la garde des chameaux.
À 12 ans, épuisé, Saïd s'est enfui. Il s'est réfugié chez une femme compatissante, qui l'a mis en contact avec des militants de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA). Ces derniers ont récupéré le petit Yarg chez le maître. Et ont tout fait pour obtenir justice.
En novembre 2011, Ahmed Ould El Houceine a été condamné à deux ans de prison pour pratique esclavagiste envers Yarg et Saïd. C'était la première fois qu'un maître était condamné depuis l'adoption, en 2007, d'une loi criminalisant l'esclavage en Mauritanie.
Obtenir la tenue d'un procès n'a pas été sans mal, raconte Brahim Bilal, vice-président de l'IRA. Pour faire pression sur le pouvoir, les militants antiesclavagistes ont multiplié les manifestations et les coups d'éclat. « Ça nous a coûté 15 jours de sit-in et 12 arrestations ! »
Mais cette victoire a un goût amer. Ahmed Ould El Houceine n'a finalement été détenu que huit mois, alors que la loi prévoit des peines de cinq à dix ans de prison. Depuis, aucun autre maître n'a été condamné pour esclavage. « La loi n'est pas appliquée. C'est un écran de fumée destiné à rassurer les Occidentaux », dit M. Bilal.
Malgré la loi, les victimes d'esclavage ont très peu accès à la justice. Elles doivent porter plainte elles-mêmes, alors qu'elles sont pour la plupart illettrées. Or, le gouvernement ne leur fournit aucun soutien. Soumises depuis leur naissance, elles peinent à affronter leurs anciens maîtres au tribunal. Pourtant, le fardeau de la preuve repose sur leurs épaules.
Un autre problème, c'est que la majorité des esclavagistes sont des maures, qui détiennent le pouvoir au pays. C'est en grande partie ce qui explique la réticence des policiers, des procureurs et des magistrats - eux-mêmes maures - à répondre aux plaintes des esclaves, des Haratines.
« La loi de 2007 est excellente sur papier, mais elle n'a pas su créer de jurisprudence malgré les innombrables cas d'esclavage qui ont été soulevés, dit Salimata Lam, coordonnatrice nationale de l'organisme SOS Esclaves. La majorité des affaires sont étouffées et se terminent en queue de poisson. »
Aujourd'hui âgés de 15 et 12 ans, Saïd et Yarg ont été pris en charge par l'IRA, qui les héberge et paie leurs cours à l'école privée. « Je suis premier de classe », glisse Yarg avec fierté avant de s'éclipser pour reprendre sa partie de soccer. Pour lui, pas de temps à perdre : il a toute une enfance à rattraper.
« J'étais presque bébé quand on m'a remise à cette famille. Mes premiers souvenirs sont avec eux. » Bien sûr, elle n'avait pas eu les mêmes privilèges que les autres enfants. Elle devait plutôt les servir du matin au soir. Mais pour elle, ce n'était pas injuste. Elle croyait simplement que c'était sa place dans le monde.
« L'esclavage, en Mauritanie, n'est pas comme on l'imagine en Occident, avec des victimes enchaînées, battues, forcées à travailler. Ici, les chaînes sont dans la tête », dit Aminetou Mint El Mokhtar, une militante des droits de la personne qui a convaincu Habi Mint Rabah de renoncer à sa vie d'esclave.
Cela n'a pas été simple. Elle a dû procéder à une lente déprogrammation. En Mauritanie, l'esclavage héréditaire fait en sorte que pendant des générations, on a fait accepter aux victimes leur statut de possession. Ils sont totalement dépendants des maîtres qui les habillent et les nourrissent. Sans éducation, ils ne comprennent pas leurs droits.
La situation complique la tâche des antiesclavagistes. Pas facile de libérer des gens qui refusent de l'être, admet le porte-parole de l'Initiative pour une résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Hamady Lehbouss. « Les esclaves sont en état de reconnaissance envers leurs maîtres. Ici, les parents d'une victime qui tente de s'affranchir risquent de témoigner contre elle ! »
C'est le genre d'esclavage dont les sudistes, à l'époque, auraient rêvé dans leurs champs de coton. En Mauritanie, les chaînes invisibles sont ancrées si solidement dans des siècles de soumission que même l'intrépide Django de Tarantino n'aurait pas réussi à les briser.
Un jour, la jeune esclave a vu Biram Dah Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), à la télévision. Sa maîtresse lui a raconté qu'il était mauvais, qu'il semait la zizanie entre les gens. « J'avais très peur de lui. »
Quand M'Barka a accouché d'une seconde fille, c'est à nouveau sa maîtresse qui a choisi son prénom : Doueida.
En Mauritanie, la plupart des esclaves n'ont pas de père. On leur donne des noms génériques, propres aux esclaves. « Ce sont souvent des souhaits de paix ou de prospérité pour les maîtres », explique Hamady Lehbouss, porte-parole de l'IRA.
M'Barka s'est rebellée. Elle s'est enfuie. Mais quand elle a voulu récupérer ses enfants, sa maîtresse a refusé. « Elle m'a dit : "Tu n'as pas de filles. Ce sont mes esclaves." »
Désespérée, M'Barka a contacté Biram, celui qui lui faisait si peur. Ce dernier a ameuté la police, le préfet, les journalistes. L'affaire a fait tant de bruit que M'Barka a pu récupérer ses filles.
Aujourd'hui, M'Barka a 25 ans. Et déjà cinq enfants. C'est elle qui a choisi le prénom du petit dernier. Elle l'a appelé Biram.
Les Maures blancs
D'origine arabo-berbère, ils forment l'élite de la société en Mauritanie. Ils contrôlent l'économie et la plupart des rouages de l'appareil d'État : gouvernement, justice, armée, police. Traditionnellement, ils ont été les maîtres esclavagistes. Mais ils ne forment pas un bloc monolithique. Certains parmi eux, intellectuels ou militants, ont été les premiers à réclamer l'abolition de l'esclavage, dès les années 70. De nos jours, les Maures qui possèdent des esclaves se retrouvent souvent parmi les plus pauvres et les moins instruits, dans les zones rurales.
Les Haratines
On les appelle aussi les Maures noirs, parce qu'ils partagent la langue et la culture des Maures blancs. Ces Africains à la peau d'ébène ont été parfaitement assimilés par les Arabo-Berbères qui les ont capturés et réduits en esclavage, il y a près de 2000 ans. Plusieurs Maures noirs préfèrent cependant se décrire comme des « Haratines ». Ce mot est apparu après l'adoption, en 1905, d'un décret colonial français prévoyant l'abolition de l'esclavage sur l'ensemble du territoire. En hassanya, le dialecte arabe parlé en Mauritanie, haratine signifie « celui qui a été libéré ».
Les Négro-Africains
Ce sont des Noirs qui n'ont jamais été asservis aux Maures. Ils occupent le sud de la Mauritanie et se divisent en plusieurs groupes ethniques : les Toucouleurs, les Soninkés, les Wolofs, les Bambaras. Ces communautés pratiquent aussi l'esclavage depuis des siècles. « C'est même pire encore ! », soutient la militante antiesclavagiste Aminetou Mint El Mokhtar. « Chez les Négro-Africains, les esclaves doivent s'asseoir par terre, aux pieds de leurs maîtres. Il y a même des mosquées et des cimetières réservés aux maîtres, et d'autres aux esclaves. Mais ça, on en parle rarement. »
Isabelle Hachey
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domingo, 14 de dezembro de 2014
Escravos do século XXI - Um dossier de Isabelle Hachey - 4
Les marchandises humaines
Elle a été machine reproductrice.
Elle est née il y a trois ou quatre décennies, quelque part entre les dunes du Sahara. Dans cette vaste région désertique aux confins de la Mauritanie, du Mali, de l'Algérie et du Sahara occidental, les frontières sont aussi floues que l'âge des hommes.
D'aussi loin qu'elle se souvienne, Chada a toujours travaillé. Petite fille, elle gardait des chèvres. Plus tard, des chameaux, qu'elle amenait paître sous un soleil aride. C'était un travail dur, éreintant. Quand elle a eu sa première fille, Teslem, elle ne s'est pas arrêtée. Elle la portait sur son dos, de l'aube au crépuscule.
Un jour, le maître de Chada est venu chercher Teslem pour l'offrir à son fils. La fillette devait avoir 4 ans, tout au plus. Chada n'a pas protesté. Dans son univers étriqué, coupé du reste du monde, cela semblait être dans l'ordre des choses.
Puis, Chada a eu une seconde fille, M'Barka. Le maître l'a donnée en cadeau à sa soeur. « Il a récupéré mes enfants comme ça, un à un, pour les distribuer aux membres de sa famille. Il ne m'a pas demandé mon avis. » Il n'avait pas à le faire.
Au fil des ans, Chada en a donné neuf à son maître. Neuf petits esclaves, comme elle.
Le dernier bastion de l'esclavage
Aux yeux de son maître, Chada était une marchandise. Elle lui appartenait. Elle était née pour le servir, comme ses enfants, comme sa mère avant elle. Cet esclavage héréditaire semble d'un autre âge, mais se pratique toujours, ici. Largement.
La Mauritanie se place en tête des pays esclavagistes dans le monde, selon un classement de la fondation australienne Walk Free. Nulle part ailleurs une aussi large proportion de la population n'est réduite en esclavage ; 4 % des Mauritaniens sont asservis, soit 150 000 des 3,8 millions habitants du pays.
Ces esclaves des temps modernes sont, pour la plupart, éparpillés dans le désert. Ils n'ont pas droit à l'école, aux terres, à l'héritage. Ils ne peuvent ni se marier ni divorcer sans la (rare) permission de leur maître. Ils sont totalement dépendants. Et soumis.
La nuit tombée sur le désert, Chada se recroquevillait sous des loques, blottie contre l'enfant qui ne lui avait pas encore été arraché, pendant que son maître s'installait avec sa famille sous une large tente bien dressée. Parfois, l'enfant s'approchait de la tente. Le maître le chassait en le traitant de « petit chacal ».
Chada et les siens ne se sont jamais réunis sous une tente pour partager un repas. « Ça n'est jamais arrivé. Jamais. Je croyais que les fêtes, c'était pour les maîtres. Et je croyais que ma vie était normale. Je n'avais rien connu d'autre. »
La couleur du viol
Les enfants de Chada ont, pour la plupart, hérité de sa peau d'ébène. Mais quelques-uns ont le teint beaucoup plus clair. Bien malgré eux, ces enfants mulâtres lui rappellent sans cesse les viols que son maître lui a fait subir, année après année.
En Mauritanie, la couleur de la peau distingue dans une large mesure le maître de l'esclave. Les premiers sont des Maures, d'origine arabo-berbère, et forment l'élite du pays. Les seconds sont des Haratines, descendants des Noirs africains qui vivaient le long du fleuve Sénégal avant d'être capturés et asservis, il y a des siècles, par les envahisseurs maures.
Quand on interroge Chada sur le père de ses enfants, elle se mure dans le silence. « On ne pose jamais cette question », me sermonnera plus tard Hamady Lehbouss, porte-parole de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), un groupe militant. « L'esclave n'a pas de père. Souvent, c'est le maître ou alors, c'est un homme de passage. »
L'important, c'est que l'esclave soit engrossée, quel que soit le géniteur, explique Salimata Lam, coordonnatrice nationale de l'organisme SOS Esclaves. « Le maître a besoin des enfants. C'est sa main-d'oeuvre. » Alors, il traite son esclave comme du bétail. « Mon maître me disait que je n'avais pas d'âme. Me tuer, c'était comme tuer un animal », raconte Chada.
Il y a 10 ans, son frère Matala a disparu sans laisser de traces. Chada s'est inquiétée auprès de son maître de ne plus jamais l'apercevoir au campement. Le maître lui a répondu que son frère était mort, sans plus d'explications. « Il m'a seulement dit : "Pourquoi me parles-tu d'un esclave qui n'existe plus ?" »
Mais Matala n'était pas mort.
Il avait fui.
La liberté à tout prix
Quand il était esclave, Matala Ould M'Beyrick a appris qu'ailleurs, la vie pouvait être différente. Qu'il existait un endroit où les Maures et les Haratines pouvaient s'asseoir sur le même tapis, sous la même tente, et partager le même repas. D'égal à égal.
Matala avait soif de cette vie-là. Il n'en pouvait plus d'être battu, de se nourrir de restes et, surtout, de voir sa mère, puis sa soeur Chada se faire violer sans pouvoir y faire quoi que ce soit. « Ça, je ne pouvais pas le supporter. »
Matala voulait fuir, à tout prix. Quitte à risquer sa vie. « J'avais vu les dépouilles de deux esclaves, au campement, qui avaient tenté de s'enfuir. » Leurs maîtres les avaient rattrapés, à bord de leur Land Rover, dans le Sahara. L'un est mort étouffé sous d'énormes sacs de provisions, dans le coffre arrière du véhicule. L'autre a été pourchassé en plein désert. « Ils l'ont forcé à courir à perdre haleine devant le 4X4. Il n'a pas tenu le coup. »
Discrètement, Matala a programmé sa fuite. Ça s'est passé un jour de 2003. Il a dirigé son troupeau vers la seule route des environs, qui menait à une base militaire. Et il a attendu. Une patrouille est passée. Par chance, le chef était haratine. Matala a pris son courage à deux mains et lui a tout raconté.
La patrouille l'a escorté à la base. Plus tard, les maîtres sont venus le réclamer. « Ils ont voulu arranger les choses à l'amiable avec les militaires. J'ai dit au chef que je préférais qu'on me tire une balle dans la tête plutôt que de retourner à ces gens. »
Les militaires ont chassé les maîtres. Pour la première fois de sa vie, Matala était libre.
L'opération de sauvetage
Libre, enfin. Mais tourmenté. Pendant 10 ans, Matala a pensé à sa soeur Chada et aux enfants qu'il avait laissés derrière. Pendant 10 ans, il a tenté de les faire libérer.
Chaque année, depuis 2003, il a pris un mois de congé pour retourner là-bas, à un millier de kilomètres de la capitale, Nouakchott, afin de plaider sa cause auprès des autorités locales.
Longtemps, personne n'a voulu l'aider. On lui a d'abord raconté qu'on ne retrouvait pas les nomades. Puis, on a prétexté que le campement ne se trouvait pas en territoire mauritanien, mais plutôt en Algérie. On a même exigé 1,8 million d'ouguiyas (6285 $) pour financer l'opération de sauvetage.
Alors, chaque année, pendant 10 ans, Matala est rentré à Nouakchott les mains vides, et le coeur gros.
Mais il n'a jamais lâché. Il a harcelé les gendarmes et les militaires, encore et encore. En mars 2013, alors qu'il n'y croyait presque plus, sa ténacité a enfin été récompensée.
Ils sont partis en pleine nuit. Un convoi militaire de 15 véhicules armés. Pas de risques à prendre ; ce coin du désert pullule de militants d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. En 2005, une centaine de djihadistes avaient pris d'assaut une caserne toute proche, tuant 15 soldats et s'emparant de tout un arsenal.
Ils sont arrivés au campement aux premières lueurs de l'aube. Quand elle a aperçu son frère, en tête du convoi, Chada a pleuré de joie. Il a fallu des heures pour tous les réunir, mais ils sont repartis ensemble, Chada, ses neuf enfants et ses deux petits-enfants.
Les maîtres ont été embarqués. Ils ont passé trois mois en prison avant d'être libérés - et de se volatiliser dans le désert. L'esclavage est pourtant, depuis 2007, un crime passible de cinq à dix ans de prison en Mauritanie.
Matala espère obtenir justice, mais n'attend rien d'un gouvernement qui s'obstine, malgré la nouvelle loi, à nier l'existence même de l'esclavage. En effet, les autorités se bornent à évoquer les « séquelles » d'une pratique ancestrale, désormais éradiquée, assurent-elles, de la Mauritanie moderne.
« Les Maures s'en tirent toujours, soupire Matala. L'État ne reconnaît pas l'esclavage, alors sa justice ne condamnera jamais un esclavagiste. »
Déjà, Matala a pratiquement réussi l'impossible. En mars 2013, quand Chada et les enfants sont entrés dans la petite ville de Zouerate, à 530 km du campement, ils ont été abasourdis. Cramponnée à son oncle, M'Barka posait un tas de questions : C'est quoi ? Un frigo. C'est quoi ? Un mur. C'est quoi ? Des lumières. Oui, ça brille, mais la nuit est bien tombée, je t'assure.
Ils n'avaient jamais vu une ville.
Les affranchis
Matala vient d'égorger le mouton. Il le dépèce d'une main experte. Sa soeur Chada, allongée sous la tente, a revêtu ses plus beaux vêtements. Il l'interpelle : « Hé, Chada, tu veux la tête ? » Ils éclatent de rire. « Donne-moi ça et je t'étripe ! »
C'est jour de Tabaski, la fête du sacrifice. Pour les musulmans, c'est la fête la plus importante de l'année. L'équivalent de Noël, pour les catholiques. En ce 15 octobre 2013, Chada s'apprête à la célébrer pour la toute première fois de sa vie.
Pendant ses années d'esclavage, elle avait bien vu ses maîtres préparer la Tabaski, acheter des habits, des bijoux, un mouton pour le traditionnel méchoui. Mais pour elle, c'était une journée comme les autres - mis à part le fait qu'après avoir festoyé, ses maîtres lui donnaient la tête de l'animal.
Aujourd'hui, elle s'offrira les morceaux les plus tendres.
M'Barka prépare le thé. Les enfants s'amusent à faire éclater des pétards. Faute de mieux, la famille s'est installée dans un bidonville de Nouakchott, planté sur la dune. Sous ces tentes élimées, on manque de tout. Mais l'heure est à la fête.
Assis à l'écart, Matala s'offre une pause. Le regard bienveillant, il contemple les siens, enfin réunis. Tout ça, c'est son oeuvre, mais aussi sa charge. « C'est une énorme responsabilité d'entraîner des gens dans un univers qu'ils ne connaissent pas. »
Matala sait trop bien que beaucoup d'affranchis se résignent à retourner chez leurs maîtres parce qu'ils ne trouvent pas d'autres moyens de subsistance.
« Je m'inquiète pour l'avenir, avoue-t-il. Les enfants me demandent à manger. Parfois, je n'ai rien à leur donner. Il y a des jours où je ne mets pas de marmite sur le feu. »
Chada, pourtant, semble prête à bien des sacrifices. Il y a tant de choses à rattraper. « Vous savez, je commence à peine à faire connaissance avec mes propres enfants. »
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segunda-feira, 1 de dezembro de 2014
Escravos do século XXI - Um dossier de Isabelle Hachey - 3
La servitude pour dettes
Un recruteur débarque en camion dans un village pauvre et offre une somme d'argent aux habitants. En échange, ces derniers devront travailler dans une mine, une usine, un atelier. Pour ces villageois pauvres, l'offre est difficile à refuser. Alors, ils s'embarquent à l'arrière du camion, et partent pour une vie d'esclavage. Trompés, mal payés, ils n'arriveront pas à éponger leurs dettes, même en s'éreintant pendant des années. C'est la forme d'esclavage la plus commune, qui touche au moins 20 millions de personnes, surtout en Asie.
L'esclavage héréditaire
Ils sont nés esclaves et mourront esclaves, comme leurs parents. L'esclavage héréditaire semble tout droit sorti d'un autre âge. Pourtant, il subsiste dans de rares pays: la Mauritanie, le Niger, le Soudan. Là-bas, les esclaves n'ont aucun droit: ni sur leurs propres enfants, ni sur la propriété, ni sur l'héritage. Au contraire, les esclaves font eux-mêmes partie de l'héritage de leur maître. À la mort de ce dernier, ils seront répartis entre les membres de sa famille, au même titre que ses têtes de bétail.
La traite de personnes
Des Roumaines forcées de se prostituer à Montréal. Des enfants enlevés ou achetés par des réseaux criminels en Asie du Sud-Est. La traite de personnes, c'est le lucratif commerce d'êtres humains, souvent à des fins d'exploitation sexuelle. Au Québec, on s'imagine des migrants enchaînés au fond d'une cale de navire. La réalité, c'est que neuf victimes de traite sur dix sont québécoises. C'est la fille d'à côté, piégée, puis asservie par un profiteur sans scrupules.
Le travail forcé
On les trouve partout, des champs de cacao d'Afrique jusqu'aux champs de courses de chameau des pays du Golfe. Recrutés illégalement, ils sont forcés à accomplir de pénibles corvées dans des conditions dangereuses. On les prive d'identité, on les enferme, on les menace et on les maltraite. Ils forment ainsi une main-d'oeuvre docile, malléable à souhait. D'autant plus qu'ils sont, pour la plupart, des enfants.
Le mariage forcé
Partout dans le monde, des femmes et des jeunes filles se soumettent à leur mariage sans y consentir. Elles vivent ensuite dans un état de servitude permanente, forcées d'accomplir les travaux domestiques à la maison ou les corvées agricoles aux champs. La plupart des victimes habitent des pays conservateurs, comme le Pakistan ou l'Afghanistan. Mais le phénomène s'observe dans les communautés immigrantes au Canada. Dans un bungalow près de chez vous.
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segunda-feira, 17 de novembro de 2014
Escravos do século XXI - Um dossier de Isabelle Hachey - 2
Alors, Settu a signé un pacte avec le diable.
L'homme de 36 ans a emprunté 20 000 roupies (370$) au propriétaire d'une briqueterie de la banlieue de Chennai, dans le sud de l'Inde. En échange, il a dû quitter son village pour aller fabriquer des briques et rembourser sa dette. Un labeur éreintant, brisant, infernal.
Settu se lève tous les matins à 5h, quand le soleil n'est pas encore brûlant. Pieds nus, il se déplace avec précaution sur le toit d'un gigantesque four à briques. Un travailleur y est déjà tombé. Il est mort brûlé vif.
Settu empile des briques sur sa tête et charge le camion qui les emportera à Chennai. Bientôt, la chaleur deviendra accablante. Pour ne pas mourir d'épuisement, Settu et les autres devront prendre une pause jusqu'à la fin de l'après-midi.
Puis, le travail reprendra. Settu s'échine comme cela depuis 10 ans. Il ne gagne presque rien. «Le propriétaire nous donne juste assez d'argent pour nous permettre de payer nos repas. Le reste, il le garde pour se rembourser.»
La servitude pour dettes
Settu est en «servitude pour dettes», presque réduit à l'esclavage, incapable de rentrer chez lui ou même de changer d'emploi avant d'avoir remboursé le propriétaire de la briqueterie jusqu'au dernier sou.
La pratique est illégale depuis 1976. Cela n'empêche pas les employeurs de faire des razzias dans les villages, en profitant de la pauvreté extrême des habitants pour les piéger. «Parfois, les propriétaires vont ramener une cinquantaine de familles par camion», dit Cyril Alexander, directeur d'une ONG locale.
Les travailleurs et leurs familles dorment dans des cabanes, sur le terrain de la briqueterie. Les femmes travaillent aux côtés de leur mari. Les enfants ne vont pas à l'école. Ils travaillent, eux aussi.
«Plus les familles sont nombreuses, plus le prêt accordé est important», dit M. Alexander. Les propriétaires s'assurent que les travailleurs ne parviennent jamais à s'acquitter de leur dette - même si, en réalité, leur dur labeur devrait les avoir remboursés depuis longtemps.
Des amendes risibles
«L'esclavage est interdit en Inde, mais cela se poursuit à cause de la connivence entre les organismes de surveillance, la police, les politiciens et les maîtres d'esclaves», se désole Kailash Satyarthi, défenseur des droits des enfants de New Delhi.
Pratiquement aucun propriétaire n'a été poursuivi en vertu de la loi adoptée en 1976. Personne n'a été emprisonné. Et l'amende de 2000 roupies (37$) imposée aux employeurs fautifs est risible, estiment plusieurs ONG indiennes, qui réclament une mise en oeuvre plus musclée de la loi.
Selon les militants, il y aurait toujours entre 10 et 40 millions de personnes en servitude pour dettes au pays.
Les autorités semblent avoir abdiqué. À Kanchipuram, ville connue pour ses fameux saris de soie, l'administration locale a mis sur pied des écoles de nuit afin de permettre aux enfants d'avoir accès à l'éducation tout en continuant à travailler pendant la journée.
Le système des castes est «l'une des fondations» de la servitude pour dettes, selon Human Rights Watch. Traditionnellement, les gens s'attendent à ce que les dalits travaillent gratuitement et n'aient pas accès à la terre. Un préjugé qui contribue à maintenir ces soi-disant «intouchables» dans un état d'esclavage et de perpétuelle pauvreté.
Settu reviendra après la mousson pour finir de rembourser sa dette. Et après? Rien ne l'attend à son village, dit-il. Il contractera un nouveau prêt.
Isabelle Hachey
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sexta-feira, 14 de novembro de 2014
Escravos do século XXI - Um dossier de Isabelle Hachey - 1
Pendant deux ans, Azzam et son petit frère, Alam, ont été penchés sur une machine à coudre. Du matin au soir, ils ont assemblé sans s'arrêter des centaines, des milliers de soutiens-gorge, dans un atelier clandestin de New Delhi.
Courbés sur leur ouvrage, sans capacité de fuir, ces enfants de 13 et 10 ans étaient esclaves des temps modernes. Comme 30 millions d'hommes, de femmes et d'enfants dans le monde.
Les chaînes qui reliaient Azzam et Alam à leur machine étaient invisibles. Mais tout les empêchait de quitter l'atelier sombre et mal aéré de la capitale indienne ; les menaces, les coups, leur appartenance à une caste inférieure, les dettes écrasantes contractées par leurs parents auprès de patrons sans scrupules.
Leur pure vulnérabilité.
En Inde, 14 millions d'êtres humains sont asservis par d'autres. C'est près de la moitié des esclaves que compte la planète tout entière. En chiffres absolus, ce géant asiatique figure en tête des pays esclavagistes du monde, selon le premier classement du genre, publié en octobre par l'organisation australienne Walk Free.
Pour ce grand dossier sur l'esclavage, nous vous entraînerons dans ces ateliers où des enfants sont moins bien traités que la marchandise qu'ils fabriquent, mais aussi dans des briqueteries du sud de l'Inde, où des familles ont été arrachées à leurs villages pour être réduites à des années de servitude.
Nous vous convierons ensuite à un voyage à travers les dunes du Sahara, en compagnie des tribus nomades de la Mauritanie. Dans cette vaste contrée du nord-ouest de l'Afrique, des milliers d'hommes et de femmes naissent pour une seule raison : servir leurs maîtres. Leurs maîtres blancs. Les esclaves, eux, ont la peau aussi noire que la nuit du désert.
Ils sont 150 000 à vivre ainsi toute une vie d'esclavage. Un chiffre substantiel, considérant que le pays ne compte que 3,8 millions d'habitants. Autrement dit, 4 % des Mauritaniens sont esclaves. En termes de proportion, le pays se classe ainsi au tout premier rang du classement de Walk Free.
Pour clore ce dossier, nous vous entraînerons dans les plaines de l'ouest du Népal, pays classé au cinquième rang des nations esclavagistes, en proportion. Là-bas, des villageois se rassemblent une fois l'an, à l'occasion d'un festival, pour faire le commerce d'enfants de 6 ou 7 ans.
C'est ce qu'on appelle le système des Kamalari. Poussés par la pauvreté, des milliers de parents népalais vendent leurs enfants à des familles de castes supérieures, espérant leur procurer un meilleur avenir. Trop souvent, ils leur offrent plutôt une vie de corvées, de maltraitance et de soumission.
En juillet 2013, le gouvernement népalais a réitéré l'abolition du système de Kamalari. La pratique y était pourtant déjà interdite depuis 2000. Tout comme en Inde, où la « servitude pour dettes » est illégale depuis 1976. En Mauritanie, l'esclavage a été aboli à trois reprises depuis un siècle. L'État en a même fait un crime passible de 10 ans de prison en 2007.
Pourtant, dans ces trois pays comme ailleurs, les pratiques esclavagistes persistent largement. À cause du manque de moyens, de ressources, de volonté politique. Les lois existent bel et bien sur papier, mais sont rarement mises en oeuvre.
Alors, partout, des gens se lèvent pour lutter contre le pire des crimes. En Mauritanie, nous vous raconterons l'histoire poignante d'un homme qui s'est battu pendant 10 ans pour libérer sa soeur esclave. Au Népal, celle d'une Québécoise qui s'est exilée au bout du monde pour aider des Kamalari à s'affranchir.
Pas besoin d'aller si loin pour lutter contre l'esclavage, souligne toutefois Kailash Satyarthi, un militant indien qui a dirigé l'opération de sauvetage des frères Azzam et Alam dans l'atelier clandestin de New Delhi. « Ces enfants fabriquaient des vêtements vendus dans les grands magasins de Londres, Paris, Toronto. » Aux consommateurs de s'informer, dit-il. Et de faire les bons choix.
Courbés sur leur ouvrage, sans capacité de fuir, ces enfants de 13 et 10 ans étaient esclaves des temps modernes. Comme 30 millions d'hommes, de femmes et d'enfants dans le monde.
Les chaînes qui reliaient Azzam et Alam à leur machine étaient invisibles. Mais tout les empêchait de quitter l'atelier sombre et mal aéré de la capitale indienne ; les menaces, les coups, leur appartenance à une caste inférieure, les dettes écrasantes contractées par leurs parents auprès de patrons sans scrupules.
Leur pure vulnérabilité.
En Inde, 14 millions d'êtres humains sont asservis par d'autres. C'est près de la moitié des esclaves que compte la planète tout entière. En chiffres absolus, ce géant asiatique figure en tête des pays esclavagistes du monde, selon le premier classement du genre, publié en octobre par l'organisation australienne Walk Free.
Pour ce grand dossier sur l'esclavage, nous vous entraînerons dans ces ateliers où des enfants sont moins bien traités que la marchandise qu'ils fabriquent, mais aussi dans des briqueteries du sud de l'Inde, où des familles ont été arrachées à leurs villages pour être réduites à des années de servitude.
Nous vous convierons ensuite à un voyage à travers les dunes du Sahara, en compagnie des tribus nomades de la Mauritanie. Dans cette vaste contrée du nord-ouest de l'Afrique, des milliers d'hommes et de femmes naissent pour une seule raison : servir leurs maîtres. Leurs maîtres blancs. Les esclaves, eux, ont la peau aussi noire que la nuit du désert.
Ils sont 150 000 à vivre ainsi toute une vie d'esclavage. Un chiffre substantiel, considérant que le pays ne compte que 3,8 millions d'habitants. Autrement dit, 4 % des Mauritaniens sont esclaves. En termes de proportion, le pays se classe ainsi au tout premier rang du classement de Walk Free.
Pour clore ce dossier, nous vous entraînerons dans les plaines de l'ouest du Népal, pays classé au cinquième rang des nations esclavagistes, en proportion. Là-bas, des villageois se rassemblent une fois l'an, à l'occasion d'un festival, pour faire le commerce d'enfants de 6 ou 7 ans.
C'est ce qu'on appelle le système des Kamalari. Poussés par la pauvreté, des milliers de parents népalais vendent leurs enfants à des familles de castes supérieures, espérant leur procurer un meilleur avenir. Trop souvent, ils leur offrent plutôt une vie de corvées, de maltraitance et de soumission.
En juillet 2013, le gouvernement népalais a réitéré l'abolition du système de Kamalari. La pratique y était pourtant déjà interdite depuis 2000. Tout comme en Inde, où la « servitude pour dettes » est illégale depuis 1976. En Mauritanie, l'esclavage a été aboli à trois reprises depuis un siècle. L'État en a même fait un crime passible de 10 ans de prison en 2007.
Pourtant, dans ces trois pays comme ailleurs, les pratiques esclavagistes persistent largement. À cause du manque de moyens, de ressources, de volonté politique. Les lois existent bel et bien sur papier, mais sont rarement mises en oeuvre.
Alors, partout, des gens se lèvent pour lutter contre le pire des crimes. En Mauritanie, nous vous raconterons l'histoire poignante d'un homme qui s'est battu pendant 10 ans pour libérer sa soeur esclave. Au Népal, celle d'une Québécoise qui s'est exilée au bout du monde pour aider des Kamalari à s'affranchir.
Pas besoin d'aller si loin pour lutter contre l'esclavage, souligne toutefois Kailash Satyarthi, un militant indien qui a dirigé l'opération de sauvetage des frères Azzam et Alam dans l'atelier clandestin de New Delhi. « Ces enfants fabriquaient des vêtements vendus dans les grands magasins de Londres, Paris, Toronto. » Aux consommateurs de s'informer, dit-il. Et de faire les bons choix.
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quinta-feira, 18 de julho de 2013
"É hora de questionar as patentes"
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terça-feira, 14 de agosto de 2012
Portugal é possível! - Centro de Neurociências e Biologia Celular da Universidade de Coimbra

Cientistas da Universidade de Coimbra fazem mais uma descoberta e contrariam algumas das últimas explicações científicas sobre a origem da doença de Parkinson.
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quarta-feira, 8 de agosto de 2012
"Cheap Labour"
A animação é fantástica, mas o Cartoon é ainda melhor.Cartoon de Larry Wright
Sou a favor da investigação científica. Principalmente quando ela representa uma evolução para o bem estar da humanidade em todas as sua vertentes. Na atual situação mundial, com milhões de pessoas a morrer de fome, de doenças que ainda não têm cura, com uma crise económica mundial, pergunto-me se a investigação espacial será uma prioridade. Sem dúvida que chegar a Marte é um feito histórico. Mas, neste momento, não se devia canalizar os milhões e milhões de dólares gastos noutras atividades de caráter científico?
O robô Curiosity aterrou com sucesso no planeta Marte. O robô da NASA chegou ao Planeta Vermelho às 06h31 desta segunda-feira (hora portuguesa).
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segunda-feira, 28 de maio de 2012
Merda para a Ciência!

As crianças da Casa Pia servem para tudo. Para além de sabermos que serviram durante anos para o orgasmo de certos senhores (será que não continuam a servir?), agora também sabemos que, como os ratinhos, serviram de cobaias à Universidade de Washington e ao Instituto de Medicina Dentária português. Entidades oficiais! Em nome da Ciência? Resta perguntar: é assim que Portugal protege as suas crianças? É assim que os EUA, "campeões" dos direitos humanos, protegem esses direitos?
Merda para a Ciência!
Crianças da Casa Pia foram cobaias em experiências médicas
terça-feira, 28 de fevereiro de 2012
"Publicar, publicar, publicar"
As publicações "a metro" passaram a ser na Universidade e Centros de Investigação um problema grave para os investigadores. Os curricula passaram a "contar" o número de publicações ao invés da qualidade e originalidade do que se publica. Este "post" de Miguel Cardina no Arrastão é, por isso, muito importante para compreender melhor o que está em causa.
Quem trabalha em ambiente académico conhece bem a pressão do “publish or perish”. Pressão mais forte em universidades ou centros mais marcados pela ideia de “competição” e sedentos em divulgar uma imagem de “inovação” e “internacionalização”; pressão menos forte em locais onde a investigação se entende como parte de um processo socialmente enquadrado e cujo impacto – académico mas também social – não se resume à quantidade de publicações. Pressão, é preciso dizê-lo, que não é necessariamente má, bem pelo contrário: ela pode funcionar como um estímulo para quebras inércias e dinamizar plataformas colaborativas entre pessoas e/ou centros que trabalham numa mesma área - ainda que possa igualmente contribuir para alimentar manchas cinzentas em torno de autorias, nomeadamente em casos onde exista relação hierárquica.
Continuar a ler aqui
Quem trabalha em ambiente académico conhece bem a pressão do “publish or perish”. Pressão mais forte em universidades ou centros mais marcados pela ideia de “competição” e sedentos em divulgar uma imagem de “inovação” e “internacionalização”; pressão menos forte em locais onde a investigação se entende como parte de um processo socialmente enquadrado e cujo impacto – académico mas também social – não se resume à quantidade de publicações. Pressão, é preciso dizê-lo, que não é necessariamente má, bem pelo contrário: ela pode funcionar como um estímulo para quebras inércias e dinamizar plataformas colaborativas entre pessoas e/ou centros que trabalham numa mesma área - ainda que possa igualmente contribuir para alimentar manchas cinzentas em torno de autorias, nomeadamente em casos onde exista relação hierárquica.Continuar a ler aqui
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segunda-feira, 1 de novembro de 2010
Petição para a "Biblioteca do Conhecimento Online (b-on)"

Petição para a Biblioteca do Conhecimento Online (b-on)
Exmos(as). Senhores(as)
Presidente da República Portuguesa
Presidente da Assembleia da República
Primeiro Ministro
Ministro da Presidência
Ministro de Estado e dos Negócios Estrangeiros
Ministro de Estado e das Finanças e da Administração Pública
Ministro da Defesa Nacional
Ministro da Administração Interna
Ministro da Justiça
Ministra do Ambiente e do Ordenamento do Território
Ministro da Economia, da Inovação e do Desenvolvimento
Ministério da Agricultura, do Desenvolvimento Rural e das Pescas
Ministro das Obras Públicas, Transportes e Comunicações
Ministra do Trabalho e da Solidariedade Social
Ministra da Saúde
Ministra da Educação
Ministro da Ciência, Tecnologia e Ensino Superior
Ministra da Cultura
Ministro dos Assuntos Parlamentares
Presidente da 1ª Comissão Parlamentar de Assuntos Constitucionais, Direitos, Liberdades e Garantia
Presidente da 2ª Comissão Parlamentar de Negócios Estrangeiros e Comunidades Portuguesas
Presidente da 3ª Comissão Parlamentar de Defesa Nacional
Presidente da 4ª Comissão Parlamentar de Assuntos Europeus
Presidente da 5ª Comissão Parlamentar de Orçamento e Finanças
Presidente da 6ª Comissão Parlamentar de Assuntos Económicos, Inovação e Energia
Presidente da 7ª Comissão Parlamentar de Agricultura, Desenvolvimento Rural e Pescas
Presidente da 8ª Comissão Parlamentar de Educação e Ciência
Presidente da 9ª Comissão Parlamentar de Obras Públicas, Transportes e Comunicações
Presidente da 10ª Comissão Parlamentar de Saúde
Presidente da 11ª Comissão Parlamentar de Trabalho, Segurança Social e Administração Pública
Presidente da 12ª Comissão Parlamentar de Ambiente, Ordenamento do Território e Poder Local
Presidente da 13ª Comissão Parlamentar de Ética, Sociedade e Cultura
Presidente da Fundação para a Ciência e a Tecnologia
É um lugar comum dizer-se que o progresso das nações se encontra hoje profundamente entrosado com o seu desenvolvimento científico e tecnológico. Quer isto dizer que um país que não se interroga, não tem curiosidade de saber as causas dos fenómenos que o afectam, que não investiga os seus problemas e procura soluções, é um país que indicia declínio. Inverter este estado de coisas leva às vezes décadas, senão séculos.
A disponibilização da Biblioteca do Conhecimento Online (B-ON), uma ferramenta informática de consulta bibliográfica, acessível electronicamente a todas as instituições públicas de ensino superior e investigação, mediante negociação nacional com a entidade estrangeira que o disponibiliza, foi talvez a medida alguma vez tomada por qualquer governo português que mais impacto directo teve na ciência que se produz em Portugal.
Com efeito antes de se iniciar qualquer investigação em qualquer tema é preciso perguntar se alguém, em algum lugar do mundo, já pensou e produziu trabalho sobre tal tema. Depois pode-se iniciar o trabalho e construir-se sobre o que já existe, não fazer o que já outros fizeram, nem repetir trabalho documentado que outros tentaram sem sucesso. Poupa-se assim uma fortuna em meios e em tempo. E tempo é coisa que tem custos para Portugal bem documentados nos tempos actuais.
Soube-se que o Governo preconiza a suspensão do serviço nos moldes até agora existentes, transferindo para as Instituições o seu pagamento, numa altura em que os orçamentos de funcionamento já se revelam exíguos face às necessidades básicas existentes.
Numa época de crise aguda a investigação tenderá mais uma vez a ser considerada uma actividade sem um interesse prático imediato.
Por isso os utilizadores do serviço informático B-ON, professores, investigadores, técnicos e alunos, solicitam a continuação da sua disponibilização às universidades, institutos, centros e laboratórios de investigação do modo eficiente como até agora foi disponibilizado.
A bem da Nação.
Os signatários
Assinem!
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segunda-feira, 6 de julho de 2009
terça-feira, 27 de janeiro de 2009
"O American Way of Science"

A propósito das classificações dos Centros de Investigação financiados pela FCT - Fundação para a Ciência e Tecnologia, publicadas no final do ano passado, foi hoje publicado no jornal Público um artigo de Luís Fernandes que, pela sua relevância, aqui transcrevemos:
O apelo à internacionalização dos cientistas equivale, na prática, à submissão ao sistema científico anglo-americano. É comum ver hoje designadas as nossas sociedades como "sociedades do conhecimento". A produção e a difusão de saber científico são aspectos-chave do funcionamento deste tipo de sociedades, o que confere às suas comunidades científicas um papel estratégico. É por isso que, com regularidade, os governos reafirmam ritualmente o seu investimento na sociedade do conhecimento em geral - veja-se o caso recente do já famoso computador Magalhães - e no sector científico em particular. Ora, a Fundação para a Ciência e Tecnologia tornou públicas, no final do ano passado, as classificações dos centros de investigação que financia.
Não pretendemos pôr em causa a necessidade de avaliar as estruturas da investigação científica ou, sequer, colocar em causa a idoneidade e a isenção do processo que foi levado a cabo. Visa-se, apenas, reflectir sobre o modo como tende a ajuizar-se hoje o trabalho de quem se dedica profissionalmente à ciência, procurando mostrar como este juízo responde a um sistema de regras, nem sempre claramente explicitadas, que relevam de factores extracientíficos. O nosso ângulo de análise é elaborado a partir das ciências sociais e humanas, admitindo por isso que, para outros sectores da divisão das ciências, as questões possam não ser colocadas, em relação a alguns aspectos, do mesmo modo.
As investigações norte-americana e inglesa têm vindo a adquirir progressiva influência no sistema científico internacional, convertendo-se numa verdadeira dominação. É próprio dos sistemas de dominação um traço etnocentrista: são melhores do que os outros, como o demonstra o facto de dominarem, e, portanto, consideram-se, por uma espécie de direito natural, investidos da incumbência de ditarem aos outros um conjunto de regras. E é próprio dos dominados acabarem por incorporar essas regras, de tal modo que passam a achar que são naturalmente suas. No caso vertente, elas ditam aquilo que deve ser investigado, o formato em que devem decorrer os certames de especialistas, em que órgãos da comunicação da ciência devem ser publicados os resultados e em que língua os investigadores devem expressar-se - o que decorre naturalmente do idioma dos países desses órgãos.
As línguas inglesa e, em menor grau, francesa são os instrumentos de afirmação da hegemonia. Sabemos como os sistemas de controlo apostam na vigilância das linguagens e das línguas - a hegemonia exprime-se numa linguagem positivista e na língua inglesa.
Todo o sistema de dominação que não se impõe pela força, mas pela subtileza, tende progressivamente a ser incorporado como natural. É por isso que as gerações de investigadores mais jovens, aculturadas no circuito de congressos internacionais e nos circuitos virtuais da net, onde o inglês é o veículo, não sentem isto como dominação, mas como proficiência - é-se tanto mais competitivo e, portanto, num sistema marcado por uma competição desenfreada, tanto melhor cientista quanto mais e melhor se falar e escrever em linguagem positivista e em língua inglesa.
Note-se que ainda há poucas décadas esta ditadura da língua pendia para o francês. E sabemos dos esforços que a França faz para se manter como língua internacional da ciência, numa consciência clara da perda de influência que a sua desvalorização acarreta - porque uma língua não é só um veículo, é um sistema de pensamento, é constitutiva de uma cultura.
Enfim, o sistema internacional são meia dúzia de países, uma linguagem e duas línguas. Para os avaliadores da FCT, não conta publicar um artigo numa revista brasileira ou espanhola? E polaca ou grega? Os polacos ou os gregos não conseguem fazer uma revista científica que valha pontos? Quando fazemos investigação solicitada e financiada por instituições portuguesas, devemos escrever os relatórios em inglês? E, se a problemática for pouco interessante para os norte-americanos, por razões da nossa especificidade sociocultural, não podendo publicá-la nesses países, esta investigação não vale pontos? Publicá-la aqui não serve para nada? Então a produção de saber não deve ser utilizada pela comunidade a que diz respeito? Não visa agir na nossa realidade próxima? E, se publicar aqui não vale nada, como pode algum dia chegar-se a ter uma boa revista científica?
Portanto, o justo apelo que é feito aos cientistas para se internacionalizarem - o que, nas regras do jogo científico, é não só sensato como indispensável - equivale, na prática, à submissão ao sistema científico anglo-americano. Publicando nas revistas que, neste sistema, são consideradas de qualidade, estamos internacionalizados. E são estas que lemos, são estas que pomos os nossos alunos a ler e é nestas que alguns deles algum dia publicarão - fechando-se assim o círculo da dominação, que a reforça e, no limite, a hegemoniza, tornando-a indiscutida e indiscutível. Foi este o mecanismo pelo qual uma série de países alimentou o sistema financeiro liderado pelos EUA convertido em tentativa de hegemonia neoliberal e cujo círculo acaba de romper-se.
Se esta dominação se verificasse a outros níveis, desqualificando tudo o que se passasse noutras latitudes que não a do eixo anglo-americano e, em menor escala, francófono, esses países seriam acusados de imperialistas e de praticarem a discriminação.
Como podem pessoas que pertencem à nossa cúpula intelectual, como são os membros da comunidade científica, não se darem conta de que estão a ser alinhados por uma mão adestradora que é, em particular no caso das ciências sociais e humanas, exterior à sua lógica de produção e difusão do conhecimento?
Como não se dão conta de que estão a ser infantilizados em interrogatórios de senhores que vêm, por meia dúzia de dias, ao nosso país constituir um júri desfasado da nossa realidade e incapaz de ler, sequer, o melhor da nossa produção porque este não está, as mais das vezes, nas línguas deles?
Que fazemos do pensamento crítico, que devíamos ter tão treinado?
Como somos tão complexos e críticos para umas coisas e tão simplórios e amorfos para outras?
Fiquemo-nos, para já, com estas questões, enquanto não chega o próximo júri internacional convidado pela FCT e não nos ajoelhamos de novo, prontos para o exame de consciência científica...
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