terça-feira, 20 de dezembro de 2016

Lettre de Victor Hugo à Charles Baudelaire


Charles Baudelaire (9 avril 1821 – 31 août 1867), « Dante d’une époque déchue » selon les termes de Barbey d’Aurevilly, occupe une place prestigieuse parmi les poètes français, signant un chef-d’œuvre qu’il aura bâtie une vie durant et qui n’aura de cesse d’inspirer les générations futures : Les Fleurs du mal. Ce chantre de la modernité a été amené à échanger avec un autre visionnaire, Victor Hugo, qui avait la capacité de reconnaître les génies de son époque. Dans cette lettre, il lui apporte tout son soutien et le félicite pour ses « fleurs maladives », malgré le procès dont Baudelaire est victime au même moment…

J’ai reçu, Monsieur, votre noble lettre et votre beau livre. L’art est comme l’azur, c’est le champ infini. Vous venez de le prouver. Vos Fleurs du mal rayonnent et éblouissent comme des étoiles. Continuez. Je crie bravo de toutes mes forces à votre vigoureux esprit. Permettez-moi de finir ces quelques lignes par une félicitation. Une des rares décorations que le régime actuel peut accorder, vous venez de la recevoir. Ce qu’il appelle sa justice vous a condamné au nom de ce qu’il appelle sa morale. C’est là une couronne de plus.

Je vous serre la main, poëte.

Victor Hugo
Enviar um comentário