terça-feira, 20 de janeiro de 2015

Escravos do século XXI - Um dossier de Isabelle Hachey - 7



M'Barka Mint Assatim avait « l'âge où les filles commencent à porter le voile », environ 14 ans, quand elle a eu son premier enfant. C'est sa maîtresse qui a choisi le prénom du bébé : Oueichita.


Un jour, la jeune esclave a vu Biram Dah Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), à la télévision. Sa maîtresse lui a raconté qu'il était mauvais, qu'il semait la zizanie entre les gens. « J'avais très peur de lui. »

Quand M'Barka a accouché d'une seconde fille, c'est à nouveau sa maîtresse qui a choisi son prénom : Doueida.

En Mauritanie, la plupart des esclaves n'ont pas de père. On leur donne des noms génériques, propres aux esclaves. « Ce sont souvent des souhaits de paix ou de prospérité pour les maîtres », explique Hamady Lehbouss, porte-parole de l'IRA.

M'Barka s'est rebellée. Elle s'est enfuie. Mais quand elle a voulu récupérer ses enfants, sa maîtresse a refusé. « Elle m'a dit : "Tu n'as pas de filles. Ce sont mes esclaves." »

Désespérée, M'Barka a contacté Biram, celui qui lui faisait si peur. Ce dernier a ameuté la police, le préfet, les journalistes. L'affaire a fait tant de bruit que M'Barka a pu récupérer ses filles.

Aujourd'hui, M'Barka a 25 ans. Et déjà cinq enfants. C'est elle qui a choisi le prénom du petit dernier. Elle l'a appelé Biram.

Isabelle Hachey
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